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AcadéC : Les Académies de Concert en France au 18e siècle. Réseaux artistiques et de sociabilité, de diffusion des savoirs et des pratiques

7 décembre 2023
Saint-Quentin-en-Évelyne, UVSQ – Paris Saclay, et par visioconférence

Organisation

Bénédicte Hertz (CMBV, CESR), Thomas Vernet (Fondation Royaumont)

Par visioconférence sur inscription : acadec@cmbv.com

Les premières « Académies de musique », « Académies de Concert » ou plus simplement « Concerts » apparaissent dans les années 1710, et se développent de façon considérable entre 1720 et 1750. Elles se répartissent rapidement sur tout le territoire français, et constituent un phénomène majeur de la vie musicale, celui des premiers concerts en société. Caractérisées à leurs débuts comme « académies » à part entière, et s’affirmant par là même dans le mouvement académique général des sociétés savantes des XVIIe et XVIIIe siècles, elles obtiennent rapidement un statut officiel. En vertu de lettres patentes et de statuts et règlements publiés, et, en dépit de particularités de fonctionnement et de sociabilité propres, les Académies de Concert reposent sur des caractéristiques communes tant du point de vue de leur structuration générale que de la programmation artistique.

Dédiées à l’organisation de concerts, ces Académies se démarquent des sociétés savantes contemporaines. Elles présentent également cette particularité de ne pas dépendre d’une Académie royale, tout en présentant un schéma académique classique. Mise en relation avec une histoire institutionnelle qui questionne les liens entre le pouvoir central et les provinces, l’étude des Académies de Concert se révèle alors fondamentale pour appréhender le mouvement académique au XVIIIe siècle dans son ensemble. Elle dessine en outre une nouvelle cartographie de la création et de la diffusion musicale à l’échelle du royaume.

En organisant un concert par semaine dans au moins une quarantaine de villes en France, les Académies de Concert ne sauraient rester cantonnées dans le rôle anecdotique où l’assigne une historiographie qui s’attache avant tout aux centres musicaux parisiens et versaillais. Elles se posent comme des lieux essentiels de production, d’exécution et de diffusion du répertoire musical français. Elles jouent un rôle majeur dans la vie de la cité par leur implication sans précédent dans les réseaux intellectuels et artistiques, leur action dans la diffusion de la musique, leurs relations avec les pouvoirs locaux et le pouvoir central. Affirmant une continuité avec les foyers artistiques de la fin du règne de Louis XIV, tout en prenant part plus largement aux réseaux académiques européens, l’académisme musical français engendre un bouleversement sans précédent dans le paysage culturel de la France d’Ancien Régime. La période de soixante ans de leur existence acte aussi l’avènement du premier concert public, entraînant par là même une mutation sans précédent des espaces, des publics et des répertoires.