Perrine VIGROUX (Université Paul-Valéry Montpellier 3) – « L’art de faire réseau, le salon comme espace de savoir et de reconnaissance pour les académiciennes »
Mercredi 15 octobre (18h-19h15)
Première séance du nouveau cycle de conférences du GIS Sociabilités : « Sortir de l’ombre au siècle des Lumières : art, savoir et sociabilité au féminin », organisé en parallèle de l’exposition « Agnès Thurnauer. Correspondances » qui se tiendra du 2 octobre 2025 au 8 février 2026 au Musée Cognacq-Jay (Paris).

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Résumé :
Pendant la seconde moitié du XVIIe siècle, les femmes qui sont admises à l’Académie royale de peinture et de sculpture, sont pour la plupart femme, fille ou sœur d’artistes. Un changement s’opère au début du XVIIIe siècle, avec l’admission, en 1720, de la peintre italienne Rosalba Carriera désormais les artistes qui souhaitent être agréées dans la célèbre institution partent en quête d’une notoriété élargie, qui n’est plus exclusivement basée sur la promotion familiale. Pour cela, elles participent de manière très active à la vie des salons. Ces femmes trouvent dans ces espaces de sociabilité la reconnaissance de leur talent artistique, la possibilité de fidéliser une clientèle et de bénéficier d’une éducation savante grâce à la présence des érudits qui se pressent pour partager leur savoir. De plus, une véritable solidarité féminine se crée dans ces salons et encourage les académiciennes à investir la curiosité scientifique. Leur volonté d’enrichir la connaissance du monde en font de véritables savantes, elles ouvrent la voie à de nouvelles pionnières. Cette sociabilité va ainsi revêtir trois enjeux dans le parcours professionnel des académiciennes : vendre, apprendre et participer à la promotion de la connaissance scientifique et humaniste. Les académiciennes prennent ainsi part à l’émulation européenne du XVIIIe siècle, qui accompagne le rayonnement des arts et des sciences au-delà des frontières françaises.
Perrine Vigroux est chercheuse associée au laboratoire CRISES et docteur en histoire de l’art moderne, ses recherches portent sur la pratique artistique des femmes en France au XVIIe siècle. Ainsi, elle s’intéresse aux rapports entre art, sciences et littérature notamment à travers les notices biographiques et les critiques des Salons. Son récent ouvrage Par la force de leur génie Quinze parcours de femmes au sein de l’Académie royale de peinture et de sculpture 1663-1793, a été publié en 2025 aux PUR.