Soutenance de thèse de Camila GONZALEZ ALIAGA sous la direction de Yves-Charles Zarka et devant un jury composé également de Gabrielle Radica, Stéphanie Roza, Didier Mineur et Jean-Luc Guichet.
Résumé :
Qu’est-ce que le peuple ? Voilà la question qui jalonne l’histoire de la philosophie
politique moderne. En déclarant la souveraineté inaliénable du peuple dans le Contrat social, J.-J. Rousseau a posé la pierre angulaire de ce que l’on surnommera plus tard l’évangile de la Révolution française. Pour le Genevois, il s’agit d’abord « d’examiner l’acte par lequel un peuple est un peuple ». Le peuple devient l’acteur politique majeur, considéré non seulement comme le sujet politique légitime, mais aussi comme le rédempteur de l’eschatologie politique. Une eschatologie qui rachète l’homme du mal en faisant régner la justice et la liberté au sein de la société civile. La pensée politique de J.-J. Rousseau transcende ainsi l’encre et le papier, s’érigeant comme le modèle à suivre par les peuples réels. Cependant, le paradoxe se révèle. Le peuple du Contrat social peut être considéré comme un peuple idéal né de l’imagination du philosophe. La multiplicité et le caractère contradictoire des interprétations partielles de la pensée politique de J.-J. Rousseau réalisées jusque-là exigent une analyse du corpus de ses œuvres. Il s’agit de commencer par son premier ouvrage théorique, le Discours sur les sciences et les arts, jusqu’à ses ouvrages d’application tels que le Projet de constitution pour la Corse et les Considérations sur le gouvernement de Pologne, sans négliger l’Émile, les Confessions et les Rêveries du promeneur solitaire.
Samedi 14 décembre 2024, 14h30