Comment se forment les archives des écrivains, quelles traces de la création recèlent-elles ? De quelle manière et à quelles conditions le chercheur peut-il non seulement classer ce qui semble inerte mais aussi faire revivre, grâce à une approche génétique notamment, la dynamique de la création et de la pensée ?
Voltaire et Rousseau présentent du point de vue de leurs archives deux cas de figure totalement différents, qu’il est intéressant de considérer ensemble pour mieux cerner les spécificités de l’époque. Leur comparaison est rendue possible aujourd’hui grâce à un ensemble de travaux récents ou en cours qui renouvellent profondément l’état des connaissances sur leurs pratiques d’écrivain, leurs rapports à leurs manuscrits et aux livres de leur bibliothèque, et l’histoire longue de leurs papiers.

En partant de cet axe de comparaison, on élargira ensuite le cadre pour étudier la physionomie de l’archive d’autres auteurs et autrices du XVIIIe siècle, tels que Beaumarchais, Sophie Cottin, le Prince de Ligne, ou bien d’épistoliers francophones de la péninsule italienne. Enfin, une approche paléographique sur les écritures du XVIIIe siècle aidera à comprendre les normes ou les singularités de ces précieux gisements d’encre et de papier dans leur temps.
Cette journée d’étude est la suite de celle qui s’était tenue le 12 mars 2024 à l’École normale supérieure et fait dialoguer les différents groupes de travail de l’équipe « Écritures des Lumières » de l’ITEM avec des collègues venus de France et de l’étranger.
