La présente journée d’étude aura pour objectif de revenir sur la nature des initiatives entrepreneuriales artistiques et scientifiques dans les villes de provinces françaises entre la fin du XVIIe et le début du XXe siècle. Elle entend proposer un décloisonnement spatial, disciplinaire et périodique afin d’approcher sous un nouvel angle la question de l’entrepreneuriat.
Qu’ils soient savant.e.s, artisan.e.s, scientifiques, technicien.ne.s ou artistes, comment ces acteurs et actrices ont-ils mené à bien une « entreprise » dans le contexte socio-économique provincial ? À quels obstacles se sont-ils confrontés ? Quels réseaux ont-ils mobilisés ? Quelles stratégies adoptent-ils ? Dans une démarche historique, il s’agit de questionner la notion de « capitale culturelle » pour sortir d’une vision unilatérale des circulations (Paris-province) tout en envisageant les dynamiques inter-urbaines. Plus généralement, en quoi la dimension spatiale joue-t-elle sur le développement d’initiatives scientifiques et artistiques ?
Sans caractère limitatif, les propositions de communication pourront s’inscrire dans un ou plusieurs des axes suivants :
– Circulation des modèles et des pratiques : réflexions sur les particularités des entreprises savantes et artistiques en province, l’existence de réseaux d’organisations/d’institutions ou au contraire d’entités indépendantes, questionner le lien avec la capitale.
– Reconnaissance professionnelle : réflexions sur les systèmes de reconnaissance (privilèges, brevets, autorisations), les enjeux de légitimation professionnelle et de propriété intellectuelle, les stratégies d’insertion à l’échelle locale.
– Trajectoires individuelles : réflexions sur la figure de l’entrepreneur en province, interroger la place des trajectoires individuelles, les réseaux d’acteurs sur lesquels ils/elles s’appuient, les rapports de pouvoir avec les autorités locales et/ou nationales, capacité d’agency.
– Urbanité et spatialité : réflexion sur les conditions matérielles de l’entrepreneuriat en province, l’influence du contexte socio-économique sur les logiques entrepreneuriales, le rôle des autorités politiques locales, les systèmes d’encouragement aux sciences et aux arts.