En Europe, à partir du milieu du 18e siècle, l’agriculture est devenue une préoccupation politique
et intellectuelle de plus en plus importante dans des contextes institutionnels, sociaux et
géographiques variés. Administrateurs, économistes et juristes, mais aussi curés, scientifiques et
propriétaires fonciers, considéraient désormais les pratiques et les politiques agricoles comme des
enjeux essentiels pour prévenir les famines, améliorer les rendements, accroître les recettes fiscales,
maintenir un équilibre démographique entre villes et campagnes et garantir un approvisionnement
abondant en matières premières de qualité pour les manufactures.
Ces dernières décennies, les discours et les projets de réforme issus de cet engagement politique et
intellectuel en faveur de l’agriculture ont suscité un intérêt considérable de la part des chercheurs.
Les historiens des idées et des savoirs économiques ont retracé non seulement les théories du
développement agricole, mais aussi leur articulation avec les expertises du monde rural – de
l’agronomie et de la botanique à l’arpentage, en passant par la fiscalité et le droit.
Dans ce domaine de recherche, une lacune subsiste toutefois : les régions de montagne – pourtant
l’objet d’un intérêt ancien et toujours vif en histoire économique et sociale – ont été relativement
peu étudiées en tant que lieux d’élaboration d’idées et de projets de réforme de l’agriculture. Or, un
ouvrage tel que l’Essai sur l’amélioration de l’agriculture dans les pays montueux, et en particulier dans la Savoye
(1774), de Joseph-Alexis Costa de Beauregard, témoigne de l’existence de telles réflexions et
ambitions.
Ce workshop vise ainsi à favoriser le dialogue entre les chercheurs qui étudient la manière dont les
défis et les opportunités liés à l’agriculture ont été abordés dans ces contextes durant la période dite
de la Sattelzeit (1750–1850).
Les propositions, rédigées en anglais ou en français, doivent inclure un résumé de 200 à 300 mots et une brève notice biographique. Elles sont à envoyer à hc.isu@anatnof.alled.sira avant le 31 décembre 2026. La décision concernant les propositions sera communiquée le 15 janvier 2027.
Les interventions pourront être en anglais ou en français.